Le Biarritz Olympique-Pays Basque a conservé son titre de champion de France de rugby en écrasant en finale le Stade Toulousain 40-13 et cinq essais à un, samedi, au Stade de France.
Le titre est le cinquième remporté par Biarritz après ceux de 1935, 1939, 2002 et 2005.
Le Stade Toulousain, qui possède le plus beau palmarès du rugby français avec trois titres de champion d'Europe et 16 de champion de France, n'a plus soulevé le Bouclier de Brennus depuis 2001.
Le BO s'est imposé par cinq essais de Jean-Baptiste Gobelet, Sireli Bobo, Damien Traille, Benoît August, Imanol Harinordoquy, trois transformations et trois pénalités de Dimitri Yachvili.
"On a vécu un grand moment. Je suis content de notre réussite en deuxième mi-temps parce qu'on a construit notre jeu", a jugé l'entraîneur du BO, Patrice Lagisquet.
Toulouse n'a répliqué que par un essai de consolation de Grégory Lamboley, une transformation et une pénalité de Jean-Baptiste Elissalde et un drop de Frédéric Michalak.
"On a craqué sur pas grand-chose, sur un déclic. Qu'on prenne cinq essais est anecdotique, ce sont les deux premiers qui comptent, ils nous tuent", a déclaré le deuxième ligne du Stade Toulousain et capitaine du XV de France, Fabien Pelous.
Symbole du naufrage de Toulouse, Michalak a quitté le terrain à l'heure de jeu. Blessé à l'épaule, il sera privé de la tournée de juin du XV de France en Roumanie et en Afrique du sud.
Par une très chaude fin d'après-midi de juin dans un Stade de France où avaient pris place environ 12.000 supporters de chaque équipe, Biarritz a ouvert le score à la deuxième minute.
Elissalde a fait un en-avant sur le coup d'envoi, Jean-Baptiste Poux a repris le ballon en position de hors-jeu et Yachvili a marqué la pénalité face aux poteaux.
La première action d'envergure a été l'oeuvre du Stade Toulousain et a débouché sur un drop de Michalak.
Dominateur en conquête, Biarritz n'a concrétisé que par une pénalité de Yachvili, qui avait raté une fois la cible, à la 24e minute de jeu.
LE NAUFRAGE TOULOUSAIN:
Le match a tourné à un duel de buteurs entre les deux demis de mêlée du XV de France, Elissalde et Yachvili.
Le Toulousain a réussi une pénalité en coin à la 32e minute, le Biarrot a répliqué deux minutes plus tard des 25 mètres, presque en face, après avoir heurté un poteau.
Le score est resté figé à 9-6 jusqu'à la mi-temps, saluée par les sifflets du public qui n'appréciait guère de vivre un match sans prise de risque sur le modèle des deux demi-finales qui se sont achevées sur le score identique et sans essai de 12-9.
Six minutes après la reprise, pourtant, Damien Traille a sorti le match de l'impasse.
Le centre international a percé en plein coeur la défense toulousaine et a offert le premier essai à l'ailier Jean-Baptiste Gobelet revenu à ses côtés. Yachvili a transformé.
Coup dur pour le Stade Toulousain, Pelous a quitté le terrain.
Pire encore, l'arrière du BO Nicolas Brusque a lancé un contre de 80 mètres, percé jusqu'aux 40 et tapé à suivre. L'ailier Sireli Bobo a pris toute la défense de vitesse et a aplati.
Avec la transformation de Yachvili, Biarritz venait de marquer 14 points en trois minutes et de faire passer le score à 23-6.
A la 58e minute, Damien Traille a une nouvelle fois percé la défense toulousaine pour aller marquer seul entre les poteaux.
A 30-6 avec la transformation de Yachvili, la victoire de Biarritz semblait assurée à 20 minutes de la fin, d'autant que Michalak a quitté le terrain.
Le Stade Toulousain n'en a pas moins trouvé le chemin de l'essai trois minutes plus tard sur un renversement d'attaque et une longue passe sautée pour Gregory Lamboley qui venait d'entrer en jeu à la place de Yannick Nyanga.
Toulouse avait encore 27 points à remonter. Un essai du talonneur de Biarritz Benoît August a tué le suspense.
Le cinquième essai de Biarritz, marqué par Imanol Harinordoquy, ne relevait que de l'anecdote dans le triomphe de Biarritz.